Italie

LES ITALIENS SONT VRAIMENT COMME CA?

Par le 6 mai 2017

 

 

La balancelle fait son taf, malgré les années et le soleil qui ternit son bleu roi. Le soleil cogne, il est à peine 13h30. Le déjeuner est fini, la vaisselle traîne encore sur la table du dehors, les serviettes par terre. Qu’importe. Ce doit être la mentalité sicilienne qui s’inscrit en nous, déjà.
Je suis allongée, jambes en mode bronzage, tranquille. Le parfum des fleurs du jardin me caresse délicatement les narines. Je ne parviens pas à rouvrir les yeux…Enfin, entre deux secousses…

Il y a un stéréotype qui me fait beaucoup rire (pas là, sur le moment, en l’occurrence), c’est celui de la Mamma patronne de la famille, qui parle fort, qui agite les mains dans tous les sens.

Ca fait à peine trois jours que nous sommes arrivés ici, dans ce petit hâvre de paix, et la Mamma dont je vous parle, elle habite à côté. Je ne sais pas s’il y en a dans toutes les rues, des comme ma voisine, mais je vous jure, elle vaut le coup des 2h d’avion! Elle ne sait pas parler, elle râle en permanence. Je ne comprends rien de ce qu’elle beugle, mais à mon avis, on lui dit que son plat n’est pas assez salé et c’est parti pour 10 minutes!!! Elle crie, après tout le monde: chien, mari, enfants…Nous sommes dehors en permanence, il fait super beau et chaud, et elle fait presque partie de notre famille. En même temps, difficile de faire autrement, on n’entend qu’elle. Même mes loulous en s’y mettant à deux, ne parviendraient pas à son niveau sonore…Je ne sais pas à combien elle en est en terme de décibels, mais elle va me griller une partie de mes tympans en un mois, c’est sûr!

A côté de ça, c’est très drôle, on l’entend parler et tout d’un coup, ça part : on s’imagine la phrase qui n’a pas plu, la phrase ridicule qui ne fait bondir personne sauf elle : “Quoi??? Y’avait plus d‘huile d’olive? Tu te fous de ma gueule ou quoi? Tu y retournes et tu m’en trouves! Non mais!!!”

Peut-être qu’en Sicile y a-t-il une règle d’or à respecter : “Fort tu parleras, respect tu auras. Plus fort tu crieras, amour tu auras” ^^. Doit y avoir un truc dans le genre, car elle y met tout son coeur, et ses enfants prennent aussi la relève. Même le chien, ça l’énerve, dès que le ton monte, il aboie aussi tout ce qu’il peut, le pauvre. Un “Taisez-vous, bordel de merde….”, langage chien.

On parle des italiens comme des gens qui parlent fort, je ne sais pas si c’est une vérité criante mais une autre anecdote m’a faite beaucoup rire.

Nous étions sur Venise, j’étais à l’hotel, dehors à jouer avec les enfants, il y avait des familles qui fêtaient dans ce même hôtel deux baptêmes. Superbe fête, les femmes toutes habillées chic, en talon 10 cm, les hommes cravatés, verre de mousseux à la main. Ca papotait, trinquait et là, je vois une mère prendre son petit du berceau dans ses bras, elle voulait l’endormir. Elle le met en position allaitement, le petit perpendiculaire au corps de sa maman. Elle allait le bercer, je trouvais ça mignon, forcément. Puis, là, j’ai dû rester bouche bée je pense. Elle marchait pour le bercer, mais avec ses bras, faisait des mouvements si brutaux et si amples que le petit était secoué plus que bercé! Avec son “chh chhh chhh, chhhh, chhhh chhh chhhhhhtttt”, j’en avais mal au coeur pour ce pauvre bébé d’à peine 6 mois. Elle continuait ses pas cadencés, y mettant tant d’énergie que je la trouvais presque admirable de persister avec sa méthode infructueuse. Au bout de 10 minutes de marche intensive (je comprends qu’elle ait retrouvé sa ligne rapidement!), elle le laissa à son papa, qui, quand même, avait moins envie de se fouler pour endormir son enfant, mais qui, sur le coup, trouva la bonne méthode : la douceur. Je n’ai pas vu s’il avait, lui, réussi sa mission d’endormissement, mais en tout cas, j’étais rassurée de ne pas voir ce petit bout à nouveau secoué. Il a déjà été très fort de ne pas déballer son bib’ sur la belle robe de sa mère, honnêtement…

Surprenants, ces italiens! Nous avons aussi l’anecdote de Filippo, le propriétaire de la petite maison en bord de mer que nous avions eu pour 2 nuits. Il ne parle pas un mot d’anglais, nous ne bredouillons que quelques mots d’italien, mais à la minute où il nous a vus, il nous a embrassés, et pris les enfants dans ses bras comme si c’était les siens. Il nous a donné au bout des deux jours tout un panier de ses citrons, et nous a offert le café chez lui.

Les italiens, ils aiment aussi fort qu’ils parlent 😉

Bref, ces italiens sont touchants, et le décalage souvent drôle. De ce que j’en vois, et de ce que j’en entends, beaucoup sont habités par chacun des mots qu’ils prononcent. Même si, sur ma balancelle, j’aurai bien écouté davantage le chant des oiseaux que celui de ma voisine, je m’imprègne avec joie de ce trait sicilien…

Et vous, vous en connaissez, des italiens? Vérité ou cas isolés?
A très vite.

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