Roumanie

4 MOIS EN ROUMANIE

Par le 19 avril 2019

Une riche expérience de voyage. 4 mois en Roumanie, dans 3 endroits différents.

Est-ce qu’on a aimé? Sommes-nous mitigés?
La Roumanie, bon plan ou à éviter?

Nous avons tout d’abord passé deux mois à Sibiu, en plein coeur de la Roumanie, au pied des Carpates. Nous y avons trouvé pour les deux mois deux appartements dans deux quartiers différents et pourtant dans des environnements très semblables.

Une première impression très négative, un immeuble parmi des dizaines d’autres, comme les HLM qu’on connaît en France et qui “sonnent” la galère, la cité, la délinquance et l’insécurité (préjugés de merde, je l’accorde, mais ce sont ceux qui m’ont traversés l’esprit quand je suis arrivés dans ces lieux).
En fait, mis à part la configuration du quartier et de ces immeubles vieux et plutôt délabrés, absolument tout a contredit mes à priori. Endroit sécure, ambiance super agréable et un calme digne d’une maison en campagne!
Respect, salutations des voisins, et une fois dans les appartements, qui étaient modernes et propres, nous nous sommes sentis très bien!

Voici les références pour ceux que cela intéresse:C’est ici pour notre premier appartement sur Sibiu, et pour notre second appart dans cette même ville.

Bon, alors, qu’est-ce qui est surprenant en Roumanie? En fait, on est vraiment ailleurs quand on passe la frontière. La chose qui nous a le plus surpris est incontestablement la dureté de la vie de campagne. Nous avons clairement eu le sentiment de traverser l’époque de nos grands-parents et de leurs aînés (puisque nous sommes nés en France dans les années 80’). Clairement, nous avons croisé un bon paquet d’hommes en charrette, avec leurs familles parfois, ramassant plastique ou foin.

Les maisons sont construites avec ce qu’ils ont eu sous la main. Parfois, du béton, mais dans les pleines campagnes, c’était davantage des maisons en tôle ou en bois, ou un mix des deux. Souvent, des poules vagabondent autour des maisons, des moutons ou un cheval parfois. Il n’y a pas de beau petit jardin ou devant de maison avec des fleurs. On sent la vie rude, de labeur. On a vu beaucoup de maisons totalement délabrées, qui ne sont pas rasées (le coût, sûrement) mais ça renforçait encore davantage cette impression de pauvreté. Les routes sont malgré tout bitumées, les principales en tout cas, mais leur état est à l’image des habitations.

Les villes sont plus contrastées. Il y a les pavillons en béton, avec un ou deux étages, cossus et avec un terrain bien délimité, un peu à l’écart du centre, et les centre-ville avec une rue principale ornée d’immeubles datant d’au moins 40 ans.

Sibiu, Brasov, Piatra Neamt, même impression de vieux immeubles, de rues sans chichi, avec beaucoup de commerces de quartier.

Dans les pharmacies, on trouve de tout : des médicaments, oui, mais aussi des produits ménagers, des produits locaux, un coin épicerie. Bref, c’est très étonnant de voir ça!
Mais en ville, on trouve quelques galeries marchandes, des zones commerciales où sont rassemblées les grandes enseignes. C’est davantage dans les campagnes que nous sentons la différence avec la vie en France.Les semaines passant, on a vite établit LA grande différence avec sa voisine la Bulgarie. L’ambiance est bonne, les gens sourient et sont plus ouverts. Moins froids. Même dans les restaurants, on entend rire de bon coeur. Le service est toujours excellent, avec le sourire et la petite phrase d’un serveur qui va bien pour nouer le contact (en français quand ils nous entendent parler) ou en anglais.

En Roumanie, l’accueil y est vraiment très bon.

Toutes nos rencontres sans exception auront été chaleureuses et agréables. Alors, on a peut-être eu de la chance, mais au bout de 4 mois, je considère qu’il n’y a plus de hasard. Notre première hôte Mihaëla nous avait préparé un assortiment de douceurs faites maison pour nous souhaiter la bienvenue…

Mais nos meilleurs souvenirs sont avec Corina et Nicolaï. Ca avait pourtant mal commencé! On avait tout juste dit “bonjour” à Corina en arrivant de l’aéroport qu’on s’est rendu compte que nous avions perdu nos valises d’ordinateurs (les deux!). A peine arrivés qu’on était déjà les looseurs dont personne ne voudrait! Mais elle a pris son téléphone pour appeler un ami qui travaillait à l’aéroport, nous a ramené sur place, sans sourciller, sans hésiter, avec le sourire. Et nous avons retrouvé nos sacoches, là où nous les avions oubliées 🙂

Quelques jours plus tard, elle nous invitait avec son mari pour un goûter qui s’est transformé en dégustation de plats roumains traditionnels! Des plats de porcs, des crêpes maisons, du pain, un gâteau aux pommes, des saucisses, des plats inconnus au bataillon français (zacusca, chiftele…) Nous avons mangé pour dix, et goûté toutes les rakia et tuica que Nicolaï avait en stock. On est ressorti vivants, mais pas très frais 😉


A gauche nos repas chez Corina et Nicolaï et à droite les cadeaux de Mihaëla

Ce qu’on a adoré en Roumanie après la gentillesse des roumains, c’est également la gastronomie. Les traditionnelles Crama (caves) sont juste une expérience à part entière. Lorsqu’on entre dans l’une d’elles, on sent direct les effluves de viandes ou de soupes qui nous chatouillent les narines.


Crama Sibiu Vechi à Sibiu

Les murs épais, la lumière sur les pierres, souvent une musique traditionnelle, ajoutent encore à l’atmosphère chaleureuse du lieu. Les plats sont nombreux, et vraiment copieux. Ils sont très forts en viandes, grillades. Leurs saucisses (mititei) sont une tuerie. Ils préparent des plats de viande avec des sauces à tomber par terre, et des soupe exquises (ciorba)…Beaucoup de piment aussi, et des poivrons dans tous les plats! Vous n’aurez pas faim en sortant d’un restaurant roumain. Et vous paierez normalement entre 2 et 4 fois moins cher qu’en France! Si vous êtes sur Sibiu, on vous recommande celui-ci! Et sur Brasov, il faudra sortir de la ville pour trouver le bonheur, ici (5 minutes en voiture ou en taxi). Un personnel super et une nourriture délicieuse, pour 30€ pour nous 4 (et demi avec Jona)!

Nous avons croisé beaucoup de policiers en Roumanie, énormément. Beaucoup de vigiles aussi dans les magasins, les galeries commerciales. A priori, il y a eu une période répressive assez intense au niveau de la sécurité routière, et des piétons. Ces derniers sont les rois, ils ne vérifient même plus si les voitures s’arrêtent car elles s’arrêtent au moindre pied sur la route.

En ce qui concerne la langue, le roumain est la langue officielle, et après la Bulgarie, la Macédoine et la Grèce avec leur alphabet cyrillique où l’on n’y comprend rien, c’était agréable de renouer avec un peu de vocabulaire. Beaucoup de mots ressemblent à ceux en français et nous avons donc pu apprendre quelques phrases facilement. Surtout que la plupart des roumains ne parlent pas anglais, c’était donc d’autant plus nécessaire pour aller faire les courses, ou commander quelque chose…

Après Sibiu, direction l’Est du pays, Brasov. Au pied des montagnes encore.
Les Carpates recouvrent plus de la moitié du pays. C’est donc un pays montagneux, offrant de magnifiques parcs naturels, des forêts à n’en plus finir.

Nous avons vraiment été séduits par ce fond de décor à chaque ville où nous avons vécu.

Et nous avons profité de chaque occasion pour nous promener entre ces sapins. Nous n’avons pas visité de monastère, ou d’église, bien qu’il y en avait de très jolies, mais étions davantage attirés par le calme du village, la douceur d’une promenade le long des ruelles.

Et là, près de Brasov (juste à côté, Sacele) nous avons loué une jolie maison ultra confortable, deux salles de bains dont l’une avec une baignoire de folie, des chambres spacieuses et pièces de vie très modernes et faciles à vivre. Voici le lien si certains veulent y aller. Une hôte adorable qui parle très très bien français, Raluca. Et je ne sais pas si toutes les roumaines sont toutes aussi maniaques, mais dans toutes les maisons où nous avons mis les pieds, c’était propre de chez propre, on aurait pu manger par terre!

Les petits centres historiques de Sibiu et ensuite Brasov ont pour nous été une très jolie surprise également. Toujours une grande place où les gens se rassemblent, discutent, mangent et boivent. Ces magnifiques bâtiments colorés, ces pigeons par centaines, ce froid souvent qui nous gelait les doigts, la neige parfois. Toute une ambiance de petite ville pittoresque en hiver, c’est une très belle expérience que nous avons eu la chance de vivre.


Notre dernière escale fut dans le nord du pays, à Piatra Neamt. Là aussi, nous avons traversé pour nous y rendre des paysages pauvres mais beaux. Des habitants qui allaient chercher l’eau au puits, des rues de terre, le travail à la ferme, des ventes de pomme de terre ou de balais devant leur maison, sur un tabouret ou une mini table, parfois au sol ou dans une bassine. Ils vendent, peut-être même qu’ils échangent avec d’autres habitants des villages voisins.

En tout cas, les roumains sont beaucoup dehors, à se parler entre eux, chez le voisin (effet printemps et premiers rayons du soleil???). C’est agréable de voir ça en tout cas.


Le lac à côté de chez nous, à Piatra Neamt

Un mois sur Piatra, dans ce petit appartement. Petite ville simple, au bord d’un lac. Nous avons aimé nous promener ici dans la douceur printanière.

Non loin, de magnifiques lacs encore plus grands, avec des gorges, des sentiers de randonnées, et des paysages plus spectaculaires…et donc forcément plus touristiques aussi!Mais nous étions avec nos hôtes Lili et son mari, encore un excellent moment de partage, où nous avons goûté des spécialités hongroises, le kurtoskalac. Pourquoi une spécialité hongroise ici? Parcque les terres de Transylvanie au nord appartenaient il y a moins de cent ans encore à la Hongrie. On en apprend bien plus quand on échange avec nos hôtes que lorsqu’on lit brièvement l’Histoire du pays!

Pour circuler en voiture en Roumanie, rien de plus facile, il suffit d’acheter une vignette (sur le site internet ou dans une station essence), au mois ou à la semaine, et le prix reste très raisonnable (7€ pour un mois). Les taxis sont très abordables aussi!
Le coût de la vie est forcément moindre qu’en France, pour manger, se loger, se divertir (un ciné pour deux, comptez 40 Lei, soit 8,40€). Il faut savoir que le salaire moyen d’un roumain est situé entre 400 et 500€, soit une grande différence avec le salaire moyen français!

Voilà notre petit bilan de 4 mois, 4 superbes mois, en Roumanie. Superbes par le partage, l’accueil et la gentillesse de Raluca, Lili et son mari, Corina et Nicolaï. Donc même si vous ne tombez pas sur les mêmes hôtes que nous, je suis sûre que vous serez séduit aussi par ce pays à l’accueil bon et généreux!

La Roumanie, 100% à recommander 🙂

J’espère vraiment que la suite sera tout aussi belle.
Maintenant, direction la Moldavie, pour un mois! Ce tout petit pays va nous accueillir en son coeur, la capitale Chisinau! Qui connaît?


A très vite!

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