Macédoine Voyage

DEUX MOIS EN MACÉDOINE

Par le 6 juillet 2018

C’est en Mai 2018 que nous arrivons en Macédoine, avec nos 3 enfants, en voiture. Juste avant, nous étions en Grèce. C’est donc par le Sud-Est du pays, en remontant de Thessalonique, que nous passons la frontière. Attention si comme nous, vous comptez aller en Macédoine en voiture, ce pays ne fait pas -encore- partie de l’Union Européenne: assurez-vous que votre compagnie d’assurance prenne bien en compte la Macédoine dans la liste des pays où votre véhicule sera assuré! (comptez 70€ pour acheter une assurance voiture à la frontière pour un mois)(tarif en 2018)
Passer du grec au macédonien n’est pas dérangeant, dans les deux cas, on ne comprend rien:)

La première bonne surprise en arrivant en Macédoine est la beauté des paysages.

Du Nord au Sud, la Macédoine compte de belles montagnes moyennes verdoyantes

Des montagnes très vertes, de hauts sapins bordent les routes. Beaucoup de travaux jonchent notre parcours, pour améliorer l’état des routes goudronnées bien abîmées. Nous traversons très peu de villages, à notre grand étonnement. Sur les bords de routes, des panneaux de sensibilisation à l’écologie se répètent. Deux heures à rouler pour atteindre Skopje, la capitale.

Traverser la ville n’est pas problématique du tout en voiture, malgré notre heure d’arrivée, aux alentours de 16h. Certes, il y a un peu de circulation mais pas d’embouteillage comme on pourrait en trouver dans d’autres capitales. Par contre, tout comme en Grèce, attendez-vous à des conduites un peu anarchiques. Les enfants sont rarement attachés, les passagers de devant un peu plus, les motards et scooters ne portent pour la majorité pas de casque. Les vélos roulent parfois à contre-sens de la conduite normale, et chacun fait un peu de forcing au feu pour passer lorsque celui-ci dure plus de 20 secondes. Bref, attendez-vous à être un peu bousculé si vous venez d’une ville française où la majorité des habitants respectent un tant soit peu la réglementation routière. Ici, vous oublierez de regarder les limitations de vitesse puisque de toute façon, personne ne les respecte vraiment! Et si jamais l’envie de respecter le 50 en ville vous tient à coeur, vous vous ferez vite klaxonner par les taxis derrière vous 😉

Les bus (ici un moderne type londonien) et carrioles motorisées dans Skopje

En bordure des rues, on trouve énormément de petits commerçants. Beaucoup de marchands de fruits et légumes qui font aussi un peu d’épicerie. Vous trouverez ici tous les jours de quoi acheter le minimum pour survivre. Même le dimanche, les grands hypermarchés sont ouverts. On ne croise pas énormément de vélos, mais pas mal de scooters, de carrioles motorisées même aussi, et de gens à pied. Les bus londoniens offerts après le tremblement de terre de 1963 marchent ici à plein régime, et beaucoup de skopiotes utilisent ce mode de transport.

Nous avons trouvé sur AirBnb un superbe appartement, en bas du Mont Vodno, et avec une vue imprenable sur Skopje. Nous sommes restés deux mois dans cet appartement tellement nous nous y sentions bien. Si cela vous intéresse, une réduction valable sur Airbnb pour tout nouvel inscrit ici.

Notre appartement sur Skopje et sa vue

La grande pièce de vie était centrale, et autour, les chambres, la salle de bains, la cuisine et la terrasse gravitaient harmonieusement. Et cette vue surtout, à couper le souffle. Les montagnes au loin, la ville sous les yeux, c’était chaque jour une ambiance différente, un ciel et des couleurs différents.

Le père d’Alexandre le Grand, Philippe II

Skopje, c’est une ville de taille moyenne, que vous pouvez arpenter en quelques jours, en prenant votre temps (le centre en une ou deux journées). Vous trouverez le Skopje moderne, construit pour le projet 2014. Après le séisme qui a touché le pays en 1963, il était nécessaire pour la ville de refonder ses bâtiments patrimoniaux, culturels, administratifs.

Vous serez surpris de découvrir des dizaines de statues, éparpillées sur les ponts et places du centre, des fontaines travaillées, grandioses, en l’honneur d’Alexandre Le Grand et sa famille.

Vous vous retournerez à la vue de l’ Arc de Triomphe, sur le taureau de Wall Street et autres symboles connus du monde. Et l’architecture style néo-classique vous émerveillera autant qu’elle vous surprendra!

 

J’ai lu beaucoup d’articles dédiés sur Skopje et ce fameux projet 2014 : son coût faramineux, sa forme kitsch dénuée d’entité propre, et sa démesure…

Le Pont d’Art à Skopje, reliant le Musée archéologique à l’immense place de Macédoine où est érigée la fontaine d’Alexandre le Grand (image bannière de l’article)

J’ai lu et vu beaucoup d’indignation et de colère des skopiotes face à ce projet.

Mais j’ai vu en deux mois aussi beaucoup de choses qui m’ont fait me questionner sur ce fameux projet. J’ai vu les gens se rassembler autour de ces fontaines, sur ces immenses places, le soir venu. J’ai vu et entendu nombre de touristes qui sont bel et bien là, je ne sais dans quelle mesure mais ils étaient bien un peu partout autour de nous. Cette ville, on s’en souvient. Oui, vous ne ressortez pas de Skopje sans en avoir un avis, tel qu’il soit, positif ou négatif : cette ville ne laisse pas indifférente.

Nous passons du Skopje moderne au vieux bazar

Puis, Skopje, c’est aussi le vieux bazar, plus authentique, immense pourtant, où vous prendrez plaisir à vous perdre dans ces dédales de ruelles commerçantes. C’est le deuxième plus grand bazar des Balkans après Istanbul. Vous longerez les bijoutiers, les créateurs de robes de mariées, les magasins antiques, les vendeurs de sacs et tissus colorés. Vous serez emportés par les senteurs de nourriture turcque, et éblouis par les sourires francs des locaux qui vivent ici. J’y ai vu des amis se promener, des vieillards se restaurer. J’ai croisé des locaux se rendre à la mosquée du coin, j’ai entendu l’appel à la prière et vu des femmes voilées accompagnées de femmes non voilées, et ai aimé voir les commerçants devant leurs shops, buvant un coup ensemble. Quartier vivant, animé, et en Mai, pas trop touristique.

Entre le Skopje moderne et le vieux bazar, vous y trouverez donc deux ambiances bien différentes.

 

 

 

Un des détails qui m’a sauté aux yeux ici, sur Skopje, c’est l’apparence des skopiotes. Les femmes, surtout, mais c’est aussi vrai pour les hommes, sont extrêmement bien habillées. Je suis certainement passée pour une hippie à côté d’elles. Elles sont toutes très apprêtées, maquillées et avec des tenues chics. Est-ce l’effet capitale? Ici, c’est vraiment bluffant. Vous trouverez toujours des quartiers plus populaires avec moins de rapport à l’esthétique, mais nous, ça nous a marqué, en tout cas!

Les skopiotes peuvent paraître froids et distants au premier abord. Cela contraste d’autant plus quand on vient de Grèce. Les gens nous remarquent, surtout quand Jona est en écharpe de portage (très peu répandu ici), mais n’osent pas parler ou toucher Jona comme les grecs le faisaient. Par contre, une fois le contact établi et les premières phrases échangées, ils sont souvent très souriants et ouverts. Il faut passer ce premier cap.

Autre détail frappant : les macédoniens parlent très bien anglais! Et tous!

Sur toutes les rencontres qu’on a faites, rares sont ceux qui ne parlaient pas anglais, tout âge confondu! C’est très agréable, car cela facilitait grandement la communication, nous qui ne connaissions que des bribes de phrases macédoniennes.En tout cas, ça nous a beaucoup surpris de voir les commerçants, même plus âgés, nous parler en anglais. Enseignement de l’anglais plus précoce à l’école? Apprentissage renforcé? Plus d’études à l’étranger ou d’expatriations? Peut-être un mélange de tout cela. Mais c’est sûr que ça nous a bien aidé 🙂

L’un des atouts de Skopje est sa proximité au Mont Vodno. Il est le poumon de la ville.

Le Mont Vodno, avec sa Millenium Cross, illuminée le soir venu. Elle est la plus haute croix du Monde!

Le Mont Vodno, avec sa Millenium Cross, illuminée le soir venu. Elle est la plus haute croix du Monde!
Quand on prend de la hauteur, en moins de 5 minutes de voiture, vous êtes en pleine nature, sur cette jolie montagne que vous pourrez gravir soit par les sentiers de randonnée, soit par le téléphérique (7 min d’ascension)

La ville a pourtant des parcs agréables où il fait bon se promener, surtout lorsqu’il fait chaud.

Le Skopje City Parc en est un bel exemple. Immense, ombragé, truffé de jeux pour enfants, avec le stade d’un côté et des restaurants/bars le jouxtant. Vous pourrez vous prélasser sur l’un des bancs, en achetant aux petits vendeurs de cafés ou de glaces ambulants ce qui vous fait envie. Amoureux de verdure, de canards et pigeons, vous y trouverez votre compte, et vos enfants seront au paradis.
Partout où vous irez dans la ville, de toute façon, vous trouverez non loin des parcs plus ou moins grands, avec quelques jeux pour enfants.

En-dehors du centre de Skopje, les quartiers se divisent de chaque côté des grandes artères routières. Mais il y a énormément de petits commerces, malgré l’existence de grands centres commerciaux. Les deux centres commerciaux où nous sommes allés, le Shopping Center Ramstore Mall Skopje et le Skopje City Mall sont fondés sur plusieurs niveaux avec un parking souterrain. Les deux ont des étages dédiés (sport, puériculture, prêt-à-porter, restauration, supermarché…) Ils sont modernes et vous trouverez tout ce dont vous pourriez avoir besoin. Dans les deux cas, nous allions régulièrement nous y restaurer, car le système du food court (grand espace de tables au centre des différentes enseignes de restauration) nous convenait bien pour manger à pas cher et des plats différents selon nos envies.

Mais ce que nous avons préféré, c’est manger local.


A côté de notre appartement, justement, il y avait un restaurant, le Korner Baba Cana. Un délicieux restaurant typique, convivial, avec des spécialités de viandes et d’énormes salades à partager, et un groupe de musicien qui chante et met l’ambiance. Chansons populaires et rires garantis! Certes, c’est un peu plus cher que dans le food court ou de cuisiner soi-même chez soi, mais c’est aussi très intéressant de voir comment les gens aiment se réunir. Ce restaurant était ouvert tous les jours (sauf lundi soir), midi et soir et il y avait toujours du monde. Comptez environ 25/30€ pour une famille de quatre, plat et dessert, avec une bière ou autre.

Skopje est une ville riche culturellement.

Il y a bien sûr le mémorial de Mère Teresa, que nous avons pu découvrir avec les enfants.

 

Une des lettres manuscrites de Mère Teresa

Un peu déçue de la petitesse de la collection, surtout riche en photos. Malgré tout, on y admire des pièces maîtresse de cette femme au grand coeur: son sari, des lettres qu’elle a rédigées, et quelques émouvants portraits d’elle au coeur de ses actions humanitaires.
Nous n’en avons fait qu’un seul autre, très intéressant, mais la ville en compte bien plus.

Si vous avez envie de sortir, vous êtes également au bon endroit. Les rues et restaurants, cafés sont bien animés jusque tard, même en semaine!

 

L’attraction incontournable sur Skopje, le petit bijou naturel aux portes de la ville, à seulement 20 minutes en voiture, c’est le Canyon Matka.

Le lac Matka

Un lac artificiel bordé par des falaises abruptes et une flore magnifique, des monastères orthodoxes à admirer et une grotte qui, à ce qui paraît, vaut le petit tour en bateau. Nous y sommes allés un jour en semaine, il faisait très beau, et la balade sur le sentier taillé dans la roche, longeant le lac, a été un pur bonheur. Il faut quand même prévoir des chaussures autres que des tongs comme moi, car le chemin est caillouteux et sinueux. Mais il est tout-à-fait possible de l’emprunter avec des enfants. Vous serez éblouis de la profondeur du canyon vue d’en-haut. Si vous préférez, vous pouvez aussi l’admirer en bateau, la balade vue du bas vaut également le détour. Nous avons fait les deux, et c’était reposant et dépaysant. Jusqu’au moment où Christophe a crashé son drone (le mavic pro). Paix à son âme!

Vue du bar où nous avons bu un verre

C’est un endroit touristique, on le ressent aux bars-restaurants bien ancrés, aux boutiques souvenirs et à la multitude de déchets balancés au pied des tables de pique-nique qui jonchent le sol. Mais cela n’entrave pas notre émerveillement face au lieu en lui-même. On s’y sent bien, on se laisse porter par le calme ambiant, malgré les canoës qui naviguent et les promeneurs qui se succèdent. A ne pas manquer donc si vous êtes sur Skopje.

Enfin, nous avons voulu aller voir le lac Ohrid. On nous en avait beaucoup parlé, il fallait que nous voyions cela de nos yeux.

A peine 3h de route de Skopje jusqu’à Ohrid, où nous avons réservé un hôtel pour 2 nuits. Il y a des dizaines d’offres hôtelières au coeur de ville, le nôtre était à cinq minutes à pied du centre, très propre et calme, c’était donc parfait! Si vous souhaitez vous rendre à Ohrid et réserver l’hôtel où nous étions, le voici: https://goo.gl/FYs7hg . Si le nôtre ne vous plaît pas, vous n’avez que l’embarras du choix : https://goo.gl/rqymjM

De suite, nous avons oublié l’agitation de la ville pour ce joli coin de paradis.

Car nous, on a eu le coup de coeur. Surtout moi! Cette petite ville est située à côté du lac du même nom, partagé avec l’Albanie. Quand on pose ses yeux dessus, on n’en voit pas le bout tellement il est grand. On distingue de part et d’autres les petites montagnes, ces immensités de forêt, mais impossible de délimiter le lac à l’oeil. 350km² tout de même!

En haut à gauche la vue d’Ohrid vue du lac, en bas à gauche notre visite de la forteresse de Samuel et à droite une des rues pavées du vieux Ohrid

Alors, on se retourne vers le centre d’Ohrid et on découvre de vieilles ruelles pavées tortueuses, avec des maisons en pierre et poutres en bois. On y découvre dans cette ville des trésors de monastères byzantins, une cathédrale (Ste-Sophie) majestueuse malgré son sort laissé à l’abandon, un amphithéâtre qui vous surprend autant que la vue du haut de la forteresse du tsar Samuel. Nous avons gravi, descendu, remonté, dévalé toutes ces ruelles avec bonheur (et fatigue^^). Les sentiers sont si petits que seuls les riverains s’y aventurent et le parfum des fleurs que les gens aiment à faire pousser devant leur maison de pierres m’aura conquis pour de bon.

Eglise St-Jean de Kaneo à Ohrid

Toujours, la vue du lac est prédominante, où que l’on soit. Les habitants se tournent vers lui. Et pourquoi feraient-il autrement…? Cette vue est si apaisante, si douce, qu’on aimerait se poser là et y acheter un petit pied-à-terre sans réfléchir.
Sur les bords du lac, vous pourrez si vous le souhaitez vous laisser tenter par une excursion en bateau. Nous, nous avons opté pour une petit tour d’une demi-heure, moyennant 10€ (600 dinars macédoniens) pour toute la famille. Notre capitaine était un vieux pêcheur, né ici. On pouvait difficilement trouver mieux pour apprendre ce qu’il faut savoir de la ville et des monuments/coins que nous avions sous les yeux.

N’hésitez pas si vous avez l’occasion de passer par Ohrid, vraiment!

Nos deux mois passés en Macédoine sont donc passés très très vite. Nous aurions pu encore y rester un mois de plus que cela n’aurait pas encore été suffisant pour tout voir en profondeur.

Bref, en famille ou entre amis, je ne peux que recommander la Macédoine, particulièrement Skopje et Ohrid, puisque nous n’avons que traversé le reste du pays.

A très vite.

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