Psychologie

Du temps pour moi

Par le 19 octobre 2016

Je me revois prendre ma veste en vol et partir bruyamment, faire un énorme bisou à ma fille de 3 ans et mon petit qui avait tout juste 18 mois, et refermer la porte d’entrée. Je me tournai vers la voiture, un ciel rosé s’offrait à moi, et une soirée entre amis m’attendait alors… Sans  culpabilité, le laissais mes petits à leur papa pour m’offrir une chose qui, pourtant, est essentielle à l’Homme: du temps pour soi.

En un rien de temps, je hurlais mes musiques préférées en voiture, avalant les kilomètres jusqu’à Nantes. Je retrouvais alors ces visages connus depuis des années, ces amis chers qui ont gardé leur place à mes côtés. Ceux-là même que je voyais vieillir en même temps que moi. Les événements de la vie: les enfants, les mariages, les séparations, les constructions de maison, je les ai vécus avec eux, j’étais là. Je tenais à ma place, arrosais ce lien régulièrement par quelques coups de fil ou visites, pour ne jamais le rompre. Ces heures en-dehors de ma maison, elles m’étaient précieuses.

Qu’en est-il aujourd’hui? Comment faire pour me libérer du temps hors de chez moi, ou en tout cas pour moi? Comment se ressourcer quand rien ne vous rattache à quelconque lieu ou visage alentour?

Ce temps avec mes amis, ou même ma famille, je le savais, me manquerait rapidement.

Nous sommes partis en Juin, en plein été, ça résonnait comme des vacances plutôt que comme un voyage longue durée, nous n’étions pas fatigués, mais plutôt excités. Malgré le stress omniprésent pour moi, je savourais ces nouvelles choses, ce temps consacré à mes enfants, ces nouveaux décors à explorer, et ces visites qui s’enchaînaient.

L’été se retire doucement. Le barbecue a retrouvé sa place initiale, les touristes s’en sont allés, et moi je suis encore là. Un peu plus fatiguée qu’il y a 5 mois. Les journées se relaient frénétiquement, sans vraiment me laisser du temps pour souffler. Les vidéos s’accumulent. Je les fais avec passion, à chacune d’elle, je suis heureuse de partager ces instants de vie. Je bosse jusque tard. J’ai renoncé à mon lit dès 22h30. Je prends le rythme des travailleurs de la nuit, moi qui suis pourtant -normalement- une couche-tôt. J’ai dis adieu à mes rêves la nuit, plus le temps pour ça, faut se requinquer avant-tout, les rêves, c’est du bonus. L’excitation est moins virulente, nous commençons tout juste à prendre le rythme du nomadisme. On se fraie des heures opportunes de travail et d’autres de sorties, d’activités en famille, et on réalise que les vacances d’été, finalement, ne s’arrêteront jamais vraiment. Ce rythme de découverte peut être aussi intense dans les mois à venir. Des vidéos, des centaines de rushs, un même nombre de kilomètres dans les roues chaque mois, ces soirées osent encore me défier et me voler mon temps sous mon nez. Et je suis bien impuissante face à elles.

Incontestablement, en 5 mois, je n’ai pas encore trouvé le bon équilibre. Celui de mes vidéos tous les 2 jours que je maintiens encore – jusqu’à quand? – et celui de mon bien-être personnel.

Ce temps qui me permettait avant de me ressourcer auprès des miens, je ne l’ai que dans de vulgaires épisodes téléphoniques, bien trop courts et bien fades à mon goût. Je cherche désespérément le rythme idéal, celui qui me permettrait de refaire du sport par exemple. J’aimerai aller courir. C’est un bon moyen de me dépasser, d’arpenter les environs de ma maison du moment, de me perdre (oui, aussi^^) et de passer du temps pour moi. De m’évader en écoutant ma musique. Ca peut paraître ridicule mais il y a des choses que j’adorais faire avant et qui ne sont pas complètement à exclure du voyage. Par exemple, en 3h, j’avais le temps d’aller au sport, de rentrer me mettre un masque à l’argile sur le visage et de prendre un bain chaud en écoutant ma musique. Ces petits détails me manquent. Je n’ai plus – je ne prends plus – le temps de faire ceci. J’ai mis la priorité sur les rendus vidéos, et tout ce qui gravite autour, mes enfants bien sûr, l’intendance de la maison, les sorties.

Je sais qu’il me faut tirer un trait sur mes virées entre amis seule, que je ne pourrai remplacer ces moments-là que par des appels réguliers ou des Skype, mais quand bien même, il va me falloir retrouver ces moments de solitude qui me sont si chers. Tout comme je le dis aux enfants, c’est bien de passer du temps tout ensemble, c’est bien de passer du temps que avec papa ou maman, mais c’est bien aussi d’être seul de temps à autre. Je demande à Léna, même si souvent elle râle un peu au début, de faire un temps de repos après le déjeûner, elle reste seule le temps qu’elle veut, au minimum une demi-heure, pendant que son frère fait sa sieste. C’est important qu’elle ait du temps à elle aussi, seule, pour faire ses jeux, imaginer, rêver, s’ennuyer. C’est la même chose pour nous adulte. A mon avis, on a tous besoin de ces temps morts, même s’ils sont cachés dans une activité. Par exemple le sport, c’est un moment où je partais vraiment dans mes réflexions, loin, très loinnnn. Ca fait du bien de se dépenser physiquement, et mentalement aussi,  de poser ses idées, d’éclaircir notre mental régulièrement.

Depuis presque 5 mois, je fonce tête baissée “J’veux y arriver, je vais le faire, je veux affronter, go go go…”

Mais depuis presque 5 mois, rares ont été les moments de calmes, d’ennui (je cherche, d’ailleurs, je n’en trouve pas) et de repli sur soi. Je ne suis pas une pro de la méditation, mais je pense qu’on a tous besoin de ces moments-là, non?

Concrètement, quelles solutions j’ai trouvé pour remédier à ce manque? J’envoie Christophe faire les courses, ce qui me permet d’avoir du temps seule avec les enfants ou, mieux encore, seule tout court. Mais bon, ça reste une petite heure éparse parmi la semaine…Mon homme n’étant pas du genre à flâner dans les boutiques, il est bien vite rentré ^^

Donc prochain challenge pour moi, réorganiser la semaine, mes rendus vidéos, qui seront sûrement plus espacés, et placer du temps pour MOI, petite égoïste que je suis 🙂

A très vite.

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