Comment ça, pas de toit?

by Hiel

Le 23 Août? Quoi???? Mais merde, on n’a rien pour Septembre…

Dans l’euphorie de cet Août, dans ce paisible hameau proche de Sintra, entre châteaux et mers, on n’a rien vu venir. Les journées se sont enchaînées, fatigantes, stressantes, ou relaxantes, conviviales, selon nos choix d’activités du jour.

Ce devait être hier ou avant-hier quand Léna  m’a posé une question, à laquelle j’ai répondu que “Non, puisque dans quelques semaines, nous ne serions plus là…” Et là, le flash. Heuuu, quelques semaines, non, dans UNE semaine, on ne sera plus là!!!

Je me suis tournée vers Christophe, affalé sur le canapé, les yeux rivés sur son écran comme il y avait déjà 3 bonnes heures, son casque sur les oreilles pour mieux se concentrer (ou pour ne plus nous entendre, les deux je pense) et lui ai demandé: “Heuuu, chéri, t’as une piste pour Septembre, toi???” Il m’a jeté un regard d’environ deux secondes et demi, et m’a lancé un bref “C’est ton boulot, ça…”

Oups, oui , je sais, mais là, bon, comment dire, on n’a pas de toit pour Septembre…

Ca aurait été comique si j’avais pu filmer toute la détresse dans les yeux de Léna, 5 ans et demi, pour qui ne pas avoir de toit signifie dormir dehors, proche d’une poubelle d’une rue sombre ou, au meilleur des cas, sur une plage remplie de petits crabes qui lui pinceraient les pieds dans son sommeil. Je commençai par la rassurer, puis, une fois repartie dans son jeu, je me jetai sur mes pages de sites de locations de maisons ou d’apparts.

 


 

La première, c’est celle d’AirBnb. Il existe sûrement d’autres sites, mais pour n’avoir expérimenté que celui-ci, c’est rassurant de poursuivre sur un terrain connu et qui pour le moment, ne nous a pas déçu. Pourquoi vouloir à tout prix se loger par AirBnb? Je commencerai plutôt par expliquer pourquoi ne pas avoir choisi de partir en camion aménagé, en camping-car ou autre engin motorisé.

La première raison est que nous continuons de travailler durant ce long voyage. Vous allez me dire que beaucoup d’autres familles nomades continuent de bosser tout en roulant dans leur camion, mais en ce qui nous concerne, on reçoit encore des appels client, on a encore besoin de calme pour y répondre ou passer les appels importants de travail, et ce, été comme hiver. Il est assez facile, l’été, de pousser les petits dehors quand il fait beau pour avoir les conditions idéales de travail. Mais l’hiver, c’est tout de même plus difficile.

La deuxième raison qui ne nous encourageait pas à partir en camion, c’est la superficie habitable. Ok pour un voyage d’un, voire deux ans. On peut faire des concessions d’espace quand on a une date de retour, quand il s’agit d‘un tour du monde établit, avec un itinéraire tout tracé. Là, en l’occurrence, on ne sait même pas quels pays nous traverserons, et pour combien de temps surtout. Nous sommes partis il y a plus de 3 mois de notre maison bretonne, et on en est toujours au même pays. On aime prendre le temps 🙂 Donc ça risque fort bien d’être un voyage assez long.

Autre raison, je suis ago(raphobe), et qui dit ago, dit recherche de sécurité. Ca peut paraître très idiot comme façon de voir les choses, mais pour moi, une maison me rassure. Je choisirai toujours une location avec du monde autour, un peu de vie. Les lieux désertiques m’angoissent profondément. Là où il y a de l’AirBnb, il y a de la vie, un village tout du moins. Donc du monde, un tant soit peu.

Une autre chose, qui, pour nous, est ultra important, c’est toujours d’avoir un premier contact avec les locaux, ceux qui vivent sur place. Au moins pour nous donner les clefs 🙂  Ensuite, c’est une question de feeling avec les hôtes, il y a ou non une suite, quelque chose qui s’instaure ou pas, plus ou moins ancré, entre rapport cordiaux et début d’amitié. C’est difficile d’établir une grande relation amicale lorsque nous restons un mois dans chaque endroit. Mais malgré tout, on peut l’affirmer déjà: en 3 mois, on aura déjà pu nouer de belles relations, qui seront ou non suivies (nous le verrons par la suite) mais en tout cas qui nous permettent de combler-un peu- le manque de nos amis/familles restés en France. Grâce à cela, nous avons des occasions de goûter aux plats locaux, de connaître les bons plans qui ne sont pas dans les guides, des conseils, de l’aide si besoin. On aura expérimenté les maisons où nous n’aurons vu personne à part quelqu’un qui nous donne les clés et qui repart aussi vite, et l’inverse, des hôtes avec qui on aime échanger, partager dès que l’occasion se présente.

C’est à chaque fois la surprise, nous ne savons pas à l’avance ce qui nous attend. C’est ça aussi qui est excitant, un peu comme une fête dès qu’on part d’un endroit, on se demande ce qu’on va trouver, qui on va trouver, comment on sera reçu, comment sera la maison. Nous, on adore. (On changera ptète d’avis quand on aura une très mauvaise surprise mais pour le moment, ce n’est pas le cas)

Enfin, la dernière chose qui est récurrente: dans chaque maison louée, il y a une histoire de famille derrière. Et bien souvent, on la connaît, de par les voisins, ou les hôtes eux-même. Et il est rare de ne pas trouver des objets, culturels ou personnels, qu’ils affectionnent, qu’ils veulent transmettre aux gens à qui ils louent. Ce peut être le désir de nous faire connaître un lieu en particulier (on aura alors des bouquins entiers sur ce lieu à ne surtout pas rater), ou des objets familiaux qui trônent comme des trophées et auxquels ont va s’intéresser et s’attarder (ou non). En tout cas, chaque maison a son potentiel à l’intérieur d’elle-même qu’il est bon d’explorer. La où nous sommes, il y a une centaine de CDs. J’adore. Je les regarde, ouvre les coffrets, me permets d’écouter ceux que j’avais “avant”, d’autres que je n’avais jamais achetés, des trucs inconnus…Et ce renouveau fait aussi du bien personnellement, car on s’enrichit à chaque fois. Lorsqu’ils sont transmis par les hôtes eux-même, c’est la cerise sur le gâteau. Puis il y a les environnements tout neufs à explorer. Mais ça, qu’on voyage en AirBnb ou en camping-car, on les a tous.

Me voilà donc sur ma page AirBnb depuis quelques jours. Les prix en Septembre flambent encore. Nous sommes près des 1500€/1800€/mois pour la moyenne des locations. Et nous, nous n’avons qu’un petit budget de 800 voire 850€ que nous aimerions garder. Au-delà, cela nous semble juste aberrant de mettre plus pour un toit. Que je ne trouve pas, par ailleurs ^^

 


 

Puis la nuit dernière, une nouvelle idée m’est apparue. Et si pour changer, nous essayions les campings?

Il fait encore bon, les enfants iraient jouer dehors pour que Christophe puisse prendre ou passer les appels travail, et un mois dans un environnement restreint, c’est pas trop long. En plus, dans un camping, y’aura forcément des enfants! Peut-être pas des français, ils seront retournés à l’école, mais les portuguais, eux, ne reprennent le chemin de l’école que mi- Septembre. Et en plus, il y aurait tout sur place: des jeux d’enfants, des p’tits coins pour se promener et faire du vélo ou de la trottinette en toute sécurité.

Vite vite vite, j’ai fermé ma page et repris mes recherches sur les campings au sud du Portugal. Bon. à première vue, soit ils font partie d’une grande chaîne de campings et là, le site donne vraiment envie mais ça coûte un bras, soit les campings sont minables. Pourtant, en creusant un peu, au vu des photos et des avis, la majorité ont un avis plus que bon. Pourquoi ont-ils des sites aussi peu attractifs? Certains ont des photos qui datent, et dans ces photos, aucune émotion, ou ambiance ne s’en dégage. Est-ce qu’on ne pourrait pas les aider un peu sur leur site en échange d’une location pour Septembre? Mais oui! C’est ça! On va faire voler le drône et leur faire une vidéo attractive pour leur site web, en échange d’un toit! J’avais trouvé LA bonne idée de l’année. Reste à voir si en quelques jours, je pourrai mettre tout ça en place, faire mon mail et le traduire en anglais (à défaut d’être brillante en anglais, j’ai fait allemand première langue mais sur ce coup-là, ça ne m’aide pas!^^) (et je ne parle pas de mon portugais qui se limite aux formes de politesse…)

Nous sommes donc le 23 Août 2016, et nous n’avons toujours pas de toit pour Septembre, mais j’y travaille…

Pas d’affolement, pas d’inquiétude car on le sait, si on ne trouve pas le super logement pour un mois, on trouvera toujours autre chose pour une nuit, deux, dix…bref, les offres locatives ne manquent pas.

Nous le trouverons, ce toit, nous le trouverons 🙂

A très vite

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