Agoraphobie Santé

Plus d’ago dans une semaine?

Par le 25 novembre 2016

Ca fait un bout de temps que j’ai lâché la médecine concernant l’ago. Dans ma vingtaine, j’y ai pourtant concédé beaucoup d’argent, et celui de mes parents également. A chaque  nouveau thérapeute, j’y croyais, donnais tout ce que je pouvais, offrant à ce nouvel être en face de moi tous mes espoirs. Si lui n’arrivait pas à me guérir, qui le pourrait?

J’ai commencé, suite à un rdv chez mon docteur généraliste, par aller voir un psychiatre. Sa pièce d’attente était toujours vide, je me demandais à chaque fois si j’étais sa seule cliente. Il était en retard à chaque fois, ce qui me laissait supposé que non. Et puis quand je le voyais arriver, les cheveux en bataille, je me disais que peut-être je le réveillais d’une sieste alors peut-être que si. Je n’en savais rien.

Je faisais ce qu’il me demandait: m’asseoir dans ce grand fauteuil froid, me relaxer, -comme si c’était facile- . Je fermais mes yeux et la séance débutait. Il parlait, de sa voix lourde et blasée, récitant son texte “Vous vous sentez biennn, calme et détendue”.

Aujourd’hui encore, ses mots résonnent dans ma tête, il m’aura quand même marqué à sa façon… De temps à autre, j’entrouvrais discrètement un oeil, et je le regardais: un peu rondouillard, surtout du ventre, chemise entre le froissé et l’acceptable, pantalon coupé. Il baissait la tête, parfois ses yeux clos aussi ou figés sur un ailleurs derrière moi. Une jambe toujours pliée sur l’autre, je découvrais à chaque fois des chaussettes loufoques, de couleurs inattendues, ou avec des pois ou pire même, Mickey! Cet homme n’était donc pas marié? J’essayais de revenir à la dite concentration demandée. Il me fallait penser à une scène vécue. Souvent, je me revoyais dans un bus bondé. Et là, je le savais, je devais mettre mes mains à plat, afin qu’il s’adonne à de petits tapotements, rythmant ses paroles toujours fluides, faciles. Le bus était censé aller plus vite, mon coeur censé suivre les battements de ses doigts sur la paume de mes mains. J’essayais, je vous jure, de me sentir comme dans un bus bondé, mais mon coeur, là, à ce moment précis, décidément, n’allait pas plus vite. Il était calme, on ne me leurre pas si facilement. J’ai peur dans un bus bondé, pas dans une pensée de bus bondé. Qu’importe, je me disais qu’il devait bien savoir, lui, ce qu’il fallait faire pour me guérir. Je repartais au bout de 30 à 40 minutes, et rien ne changeait. Mes crises panique prenaient toujours autant de place dans ma vie. Au bout de 13 ou 14 séances de 40€, j’arrêtai de le voir.

Quelques semaines après, j’achetais des livres à la Fnac. De Christophe André et bien d’autres: les livre sur l’agoraphobie se multipliaient, ce devait être un sujet à la mode. Tous, dedans, permettaient de faire des exercices pour se débarrasser de ses peurs, plus ou moins drôles, surtout quand dès le premier exercice, je bloquais. Les livres plus sérieux m’ont néanmoins aidée à comprendre les mécanismes de la maladie, comprenant que je n’étais donc pas naturellement “casanière, solitaire ou insociable”.

Puis, j’ai retenté ma chance, allant voir un autre psychiatre réputé sur Nantes : “Tu verras, c’est le meilleur de Nantes, il est réputé dans la région entière, y’a 3 mois d’attente pour avoir un rendez-vous.” Oh bah, ça, qu’il avait du monde à l’attendre, j’ai vu. Vu l’attente que je devais subir et affronter, j’étais toute en forme pour lui montrer lorsque je passais le seuil de sa porte que je ne plaisantais pas avec l’attente. Toute rouge, je déboulais la plupart du temps en sueur, après quelques crises affrontées (et parfois pas) Chez lui, c’était plus sportif: il me faisait faire des exercices cardio pour me montrer et me prouver (mais j’vous crois, m’sieur^^) comment le corps et la tête réagissaient suite à un effort ou la peur. Après 8 ou 9 fois 50 euros, j’arrêtai. D’une part parcque financièrement, je ne pouvais plus suivre, puis d’autre part parcque je ne voyais aucune amélioration.

Enfin, dernier essai psychiatre, avec une thérapie comportementale et cognitive. Toute nouvelle, venant tout juste de débarquer en France, j’étais presque un cobaye pour les psys. Chouette! Je me retrouvai en face d’une psy, cette fois, à l’heure, toujours, peu bavarde, qui venait tout juste de se former en TCC. Parfait. Les premières séances, j’y ai vraiment cru. Il y avait du concret là-dedans. Après une seule séance où j’expliquai mon passé, les fondements de mon enfance, de mon environnement, elle commença à me faire faire une liste de mes peurs, de la plus petite à la plus grande. J’en avais tellement…Par quoi commencer?

Au moins, ça avait du bon, elles étaient écrites noir sur blanc. Au fil des jours, je regardai la vérité en face et remplissais ma feuille, rallongeant la fameuse liste. Une fois terminée, j’étais censée commencer par affronter mes petites peurs.

Elle me disait: “La semaine prochaine, vous devrez avoir fait ça et ça” en me montrant mes peurs anxiété niveau 1 ou 2. Je me souviens que celles-ci, elles étaient assez faciles, puisqu’ accompagnée en plus, c’était il me semble aller chercher du pain alors qu’il y a une longue queue ou dans une petite supérette. Je réussissai avec brio les premières, mais arrivée à un palier où je devais y aller seule, j’étais bloquée. Je ne parvenais pas à trouver le courage en moi pour affronter. Plusieurs semaines où je n’avais rien à rapporter puisque je ne le faisais pas. Si je n’étais pas ago, j’y serai allée, hein…Elle me faisait rire…Donc j’ai arrêté aussi, au bout de 9 mois quand même, à raison d’une séance par semaine… Et pas de mieux. Dès qu’il fallait affronter seule, je ne parvenais pas à dépasser mes craintes.

J’ai lâché tout suivi pendant facilement un an, puis on m’a parlé de sophrologie, j’ai essayé. Bien, mais pas de mieux, hop, 40€ en moins. Enfin, je suis allée voir un homme qui pratiquait la PNL (Programmation Neuro-Linguistique). Lui, il m’a fait pleurer comme une gosse, alors qu’il me touchait juste l’épaule, j’ai pas compris. 3 séances avec lui. Mais pas eu de mieux non plus. Idem, c’était du 40 ou 50€ non remboursés. J’ai essayé un voyant, une homéopathe, une naturopathe. Tous des gens bien, je ne le nie pas. J’ai acheté leurs produits, leur potion magique, à chacun. Mais je restais bel et bien atteinte, je ne voyais aucune évolution…

Du coup, j’en suis arrivée à un stade où je n’avais plus envie d’aller voir quiconque, où j’ai réalisé que les seules vraies avancées que j’ai faites, je les ai faites grâce à un ami, Raphaël, et depuis, à Christophe, à moi aussi un peu…J’ai sûrement pris un peu des bons conseils de chacun, pour sûr même, mais je n’ai rien vu de bouleversant dans toutes les diverses méthodes suivies.

Mais mais mais…Je vais tenter autre chose. Attachez-vous bien, monsieur-dame, je vais tenter lundi prochain l’EFT. Qu’est-ce donc ce truc?

Eh bien, j’ai découvert cette méthode appelée Emotional Freedom Techniques, il y a quelques mois seulement, suite aux conseils d’un jeune homme sur internet. Il m’avait conseillé deux contacts traitant l’agoraphobie -entre autre- mais suite à mes mails, jamais eu de réponse.Puis c’est parti dans les oubliettes. Suite à ma vidéo de ma crise dans les montagnes, l’EFT a ressurgit encore en conseil. Même mieux, on m’a envoyé un PDF explicatif qui relate la méthode, les bienfaits, le mécanisme et le déroulement d’une séance.

On peut le pratiquer soi-même. Pour une première séance, je préfère être dirigée, et ne pas faire n’importe quoi. Si les résultats sont aussi spectaculaires qu’ils le disent, alors j’imagine qu’on peut aussi faire des dégâts si c’est mal fait. Je préfère être rassurée au début et être accompagnée dans cette nouvelle démarche thérapeutique.

J’ai donc réussi à obtenir un rdv Skype avec une hypnotiseuse qui pratique également l’EFT. J’ai hâte d’y être, on me rapporte tellement de changements radicaux en positif sur des personnes atteintes de divers phobies que j’ai -encore une dernière fois- envie d’y croire!

Verdict la semaine prochaine, je ferai sûrement une vidéo dessus!

A très vite.

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