Agoraphobie

1ère séance E.F.T

Par le 5 janvier 2017
Ca y est, c’est fait. Une première séance en vrai, avec un vrai praticien EFT.
Aucun regret d’avoir attendu d’être en France pour commencer véritablement le suivi.

La technique est en effet très simple à apprendre, en deux-trois tours, j’ai vite ancré la ronde des mouvements à effectuer, les uns après les autres.

Les premières minutes sont assez déroutantes, surtout si vous n’avez rien lu sur le sujet. Vous pouvez vite vous dire que vous êtes ridicule à vous tapoter des points sur le visage ou sous les bras, mais quand on veut aller mieux, on y passe sans sourciller. En tout cas, pour ma part, j’ai essayé tant de méthodes que je n’ai plus peur de ce genre de pratique. Et puis, par mimétisme, on est deux à le faire, alors bon, si ridicule il y a, on l’est à deux, ça passe mieux…
En fait, si on y regarde de plus près, il s’agit de réactiver les méridiens de notre corps. Ce ne sont en aucun cas des mouvements à l’aveugle ici ou là. Si vous pensez que la médecine chinoise révèle des savoirs faire millénaires qui ont inspiré notre médecine actuelle, basés sur la connexion entre les parties du corps et les maux du corps, alors l’EFT peut vous convaincre. Moi, je ne demande que ça, d’être convaincue!
Outre l’aspect un peu étrange de cette méthode basée sur des paroles bienveillantes et la succession de ces gestes ordonnés, ce qui m’a vraiment frappé, c’est qu’elle m’a ouvert la porte à des émotions que je croyais gérées.
Le praticien me propose de me replonger dans ma première crise panique : un bus bondé, où j’étais seule, coincée contre une vitre.

L’actuelle Muriel de 36 ans allait entrer en scène pour rencontrer la Muriel de 17 ans.

Le praticien me demande si ça me pose souci. “Oh, non, pas de problème, j’ai déjà fait un travail sur ça, 2 ans de psy, ça m’a aidé…”
Que nenni, à peine j’avais rebasculé dans mon passé à cet épisode précis du début de mon ago, que déjà, j’étais submergée par des émotions. Une minute de lutte pour contrôler tout ça, pour finalement hisser le drapeau blanc : j’ai tout lâché, je n’y parvenais plus, les larmes coulaient sans que je puisse les retenir.
J’aidais la jeune fille de 17 ans, paniquée, seule dans ce bus qui l’emmenait au lycée. Je la protégeais en l’enveloppant de mes bras, lui faisais de la place, écartais les autres tant bien que mal pour qu’elle respire mieux. Je lui parlais. Tout venait de moi, de mon inconscient, mais je ne maîtrisais pas grand chose pourtant. Je regardais la scène se dérouler dans ma tête. Je n’allais ni mal ni bien, j’étais spectatrice du film, avec les émotions d’une spectatrice regardant ces deux Moi dans ce bus.

“T’inquiète pas, disait la plus vieille, tout va bien, gâche pas ta vie avec ça. Franchement, ça en vaut pas la peine…”

Elle le savait bien, la 17 ans, que ça n’en valait pas la peine… Du coup, une rage submergeait la 36 ans. “Mais bats-toi, bordel, te laisse pas faire, de quoi t’as peur, là? Des autres? De ce qu’ils peuvent penser de toi? Tu les emmerdes, les autres. Tu vas gâcher ta vie en continuant de penser que tu es faible, que tu feras des crises panique partout. Putain, réagis!”
Mes mâchoires se crispaient, là, sur mon siège. Je ressentais ce que la 36 lui disait, profondément. Encore une fois, ça ne me faisait pas mal, je ressentais juste l’émotion, là, à cet endroit, dans mes mâchoires…
Au bout de quelques minutes, je lui déroulais même un tapis bleu tout doux pour qu’elle se sente en sécurité. La 17 se blottissait alors sur ce tapis sorti de je ne sais où, telle Jasmine qui chante auprès d’Aladin, souriante, sereine…Ce tapis, ne me demandez pas le “pourquoi”, je n’ai aucun souvenir d’un tapis bleu tout doux, ni de près dans mon passé ni d’aussi loin que je me souvienne…Mais je faisais des efforts de folle pour la rassurer en tout cas. Et ça marchait. Apaisée, la 17 rejoignait son lycée, sans peur, sans panique, sans hurler tout bas, sans sortir précipitamment de cette foule.

Entre tristesse et rage, je ne pensais pas réagir aussi intensément à cette séance EFT.

Il va me falloir encore travailler sur quelques souvenirs pour voir où cela me mène. Il me semble avoir ouvert une porte qui n’est pas anodine. Je n’aurai pas autant réagi si tout avait été réglé. J’espère en tout cas que cette méthode, même si je ne crois pas aux baguettes magiques, m’aidera à modifier une partie des fausses croyances (de peur, de regard des autres, de mort sûrement aussi) que j’ai longtemps entretenues.
L’avenir m’en dira plus.
A très vite
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