Travailler en voyageant

Travail et camping: incompatibles?

Par le 16 septembre 2016

Aahhhh, la vie de camping, quel bonheur. 3ème camping en 3 semaines…On commence à être rodés.

Je me souviens que lorsque j’étais jeunette et que je partais en vacances en camping, je mettais minimum 2 à 3 h avant de m’installer totalement. Hier, en à peine 30 minutes, nous avions vidé nos vies de la voiture au mobil-home…trop forts.

Premier réflexe, celui de mesurer le débit internet. Il y a des choses qu’on ne maîtrise pas totalement et que nous pouvons ajuster, mais le travail, lui, même en camping, n’attend pas.

On se doit de travailler, peu importe les conditions dans lesquelles nous sommes et serons.

La première difficulté à laquelle nous nous sommes plutôt vite habituée, c’est l’espace de travail réduit au minimum. Difficile de placer deux ordis et une imprimante sur la table d’un mobil-home standard. Ou alors, si on arrive effectivement à les caler, on mange par terre. Dur de faire des choix sacrés.

Sur ce point, on arrive à alterner le partage du fameux support tant convoité lorsque l’autre va travailler dans la salle de convivio (souvent, les campings offrent un espace wi-fi où l’on peut travailler).

Une fois le litige réglé, puisqu’il n’y a pas eu divorce, vient le deuxième souci: le bruit. Peu importe le camping, d’ailleurs. Le premier camping où nous étions était plutôt grand, notre mobil-home était pourtant à l’écart, mais on entendait les animations et la musique de la piscine depuis notre nid. Christophe pensait trouver tranquillité en se barricadant dedans, mais pas de bol, du coup, on ne captait plus rien du tout. Difficile dans les deux cas de répondre aux appels téléphoniques. Il faut être sérieux: voyager n’engage que nous et en aucun cas les clients n’ont à subir quelconque répercussion sur la qualité du conseil, du suivi ou de l’offre que nous devons honorer. Donc, bien souvent, je voyais mon homme courir avec son tél pour répondre, avant les fameuses 4 sonneries, aux appels à l’endroit précis où il captait, et ce sans paraître essoufflé (même pas vieux^^).

Le but du jeu étant dès l’arrivée au camping, de trouver cette terre promise où le réseau est correct à défaut d’être génial, ce petit lopin de terre sacré, parfois de quelques mètres carrés, et si possible de le trouver vite, et non le dernier jour.

Sur ce camping où nous sommes arrivés hier, il n’y a pas de wi-fi dans le bungalow, celui dans la salle de convivio est ridiculement bas et pour muscler le tout, le 3G/4G ne passe pas non plus dans le bungalow 🙂 (Youhouuuu) Christophe a trouvé une solution de secours en achetant un routeur 3G, mais vu qu’on ne capte pas dans le bungalow, nous sommes obligés de le mettre dehors. Pour peu que notre chouette nous le pique, là, on se pend 🙂 (voir anecdote plus loin…^^)

Lorsque nous avons réunis toutes ces conditions, un lieu où l’on capte assez de réseau et de wi-fi, qu’il n’y a pas de musique derrière, après, c’est au p’tit bonheur la chance: avoir des voisins qui sont là en famille ou vieux, ou les deux, ce qui est encore mieux. C’est difficile de pouvoir se concentrer quand le voisin fait cuire ses saucisses presque sous votre nez, que la chaleur appelle à l’apéro et que leurs va-et-vient mobil-home/piscine vous renvoie à votre condition de “non-vacances”. Il faut une organisation en béton lorsque l’on doit travailler dans un camping, et une résistance à toute épreuve des tentatives de diversion, qu’elles viennent d’une chouette calée dans un arbre pile au -dessus de votre mobil-home (sisi, j’vous assure, elle a choisi le pin au-dessus de nous parmi les milliers alentours), ou d’un charmant petit portugais qui n’a qu’une envie: crier sa joie de jouer au foot et si possible, le plus fort possible. Je suis sûre que nos clients adorent les enfants, mais pour nous, c’est un casse-tête pour trouver le bon moment, et/ou le bon endroit pour pouvoir continuer le travail le plus sereinement possible.

Enfin, ne jetons pas la pierre aux autres enfants, car les nôtres, sont également à un âge où chaque découverte doit être vue, puis revue au cas où, puis validée, revérifiée et approuvée, applaudie voire même prise en photo ou vidéo. Bref, loin de là mes envies de les freiner dans leurs trouvailles de tout petit escargot de la taille d’un ongle trop “chouchou” qui ferait la course avec ses congénères, mais j’avoue osciller parfois entre exaspération et la dernière option qui reposerait sur la création d’un nouveau concept de télé-réalité intitulé “Qui veut prendre mes enfants?” Le gagnant serait bien évidemment le plus offrant en terme de durée.

Je plaisante, mais la vie de camping, idéale pour eux, est d’autant plus difficile pour nous.

Bien sûr qu’on ne va pas les empêcher d’aller aux jeux ou à la piscine, ce serait quand même un comble de les en priver, mais il nous faut trouver le juste milieu entre plaisir et les allers-retours mobil-home/parc pour vérifier que tout va bien, voire concéder 1h de notre temps de travail lorsque la maman -trop- protectrice considère qu’ils sont trop loin d’elle pour les laisser seuls. A la piscine, il n’y a pas de concession, nous nous relayons, dans le parc d’enfant, ça dépend vraiment où il est placé, la sécurité du camping, qui peut y entrer, comment on peut en sortir avec un voire deux enfants sous le manteau (Quoi? Vous n’avez jamais lu Lehane?) (comment ça, psycho…) (Je répondrai juste “On n’est jamais trop prudent” ^^) Vous imaginez bien la galère pour travailler sans s’interrompre toutes les 5 minutes pour levez le nez (ou ses fesses dans la pire des configurations).

Et enfin, dernier point, et pas le moindre: actuellement, nous changeons de camping chaque semaine. En quitter un signifie ranger toutes nos affaires (sisi, en une semaine, on a le temps de faire du bazar), le nettoyer, et faire la route. On ne peut pas réduire le temps du trajet, on performe cependant en installation et rangement vitesse, courses express, tout ce qui peut être fait le plus vite possible. Mais tout ceci prend du temps. Une journée, en somme, pas très productive niveau travail. Le temps de prendre nos repères, de gérer les enfants et le minimum vital pour survivre une semaine, lorsqu’on est fin prêt, nos petits yeux ne demandent qu’à se fermer.

Verdict: nous ne pourrions pas faire du camping trop longtemps. L’expérience est parfaite pour les enfants, les jeux, le côté convivial. Cette opportunité nous a offert la chance de pouvoir voyager dans 4 coins du Portugal et ce, pour un coût restreint (finalement, nous n’avons eu que le gazoil à payer, les frais du quotidien et les bonus: visites et restaus)

Changer de lieu toutes les semaines n’est pas un format facile qui aurait pu s’étendre à plusieurs mois, mais pour un seul mois, aucun regret. Il ne nous reste que deux semaines au Portugal, à priori, nous allons donc profiter de ce camping à Milfontes jusqu’au 21 puis direction le sud Ouest pour finir, et tester notre dernier camping Orbitur.

A très vite.

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