Agoraphobie Défis

L’ago et les courses

Par le 6 août 2016

“Tu es guérie, regarde tout ce que tu fais!” Eh bien regardez surtout ce que je n’arrive toujours pas à faire! Et ce, à 36 piges!

Oui, j’ai fait un pas de géant en partant de France, mais finalement, je me rends compte que je ne suis pas réellement sortie de ma zone de confort. Je pars d’un pays civilisé pour un autre lui ressemblant beaucoup! Alors, ok, je suis loin de mes repères français, mais j’en retrouves des similaires ici.
Il me reste tellement de choses à affronter.

Dont les courses. Pourquoi ces pu— de magasins me fichent-ils tant la trouille? Pourquoi avoir réussi sur d‘autres points finalement assez facilement (quelques mois/années) quand ici, rien n’y fait, j’ai la peur au ventre et partout, d’ailleurs, dès que je rentre dans un hypermarché…
Longer les rayons n’est pas le plus dur pour moi, si je savais qu’il n’y avait pas la caisse au bout. Je vais assez vite, sûrement pour en sortir plus rapidement aussi. Lorsque je pénètre dans un magasin et que je vois les caisses où je me dis que c’est “gérable” (attention, gérable ne veut pas dire que je le ferai mais plutôt que je ne ferme pas la porte à l’éventualité du “peut-être que j’essayerai”, nuance^^), alors je fonce pour aller chercher les produits convoités. Bien sûr que je ne prends pas le temps de regarder les prix, si je les prenais avant, c’est que ça devait aller. Bien sûr que je vais à ce que je connais, je vais pas non plus perdre 10 minutes à regarder les étiquettes, bien sûr que je vais au plus vite pour arriver aux caisses pendant que c’est encore “gérable”. En règle générale, le “gérable” d’il y a 10 minutes s’est transformé en “nan, là, c’est bondé, j’irai pas”. Bondé pour moi, c’est au minimum une personne d’attente, donc une chance que ça coince en caisse, que la mamie de devant ait oublié de peser ses fruits ou que la caissière soit nouvelle et donc que le temps d’attente soit assez long pour que mon coeur s’emballe au galop (une minute suffit amplement).

La caisse, c’est aussi la vitrine de la maladie invisible que les gens ne comprennent pas. “Pourquoi cette fille tremble? Pourquoi elle s’agite? Pourquoi elle se barre?” ^^

J’aime décidément pas me faire remarquer, et à la caisse, je perds vite mes moyens. Ma bulle de sécurité est souvent anéantie, je n’aime pas les regards sur moi, je n’aime pas qu’on soit si près de moi, je n’aime pas qu’on puisse me juger. Je n’aime pas les supermarchés!

Lorsque la crise est lancée, chose sûre, c’est que je ne peux ni m’asseoir (enfin si, je le peux, mais je passe indéniablement pour une conne si je ne m’évanouie pas réellement^^) ni m’écarter dans un endroit reculé à l’abri des regards à moins de jouer à celle qui va à la chasse et qui perd sa place. Et puis, une fois que la caisse est choisie, que je m’y sens à peu près bien, le drame arrive: il faut poser ses articles. Une fois posés, je me vois mal les reprendre un à un si je ne me sens pas bien, c’est un peu le passage obligé: “Maintenant qu’ils sont là, tu es bonne pour rester là jusqu’à ce que la gentille caissière t’ait dit “au revoir”.

C’est à ce moment bien précis que la crise arrive, TOUJOURS! Elle n’est pas très surprenante, je l’attends, elle fait son taf.

Et jamais je n’ai réussi à faire de vraies crises en affrontant réellement. Si, j’exagère, une fois ou deux, j’ai dû y arriver. Mais tellement de fois j’ai évité, ou suis partie en courant au passage sans achat en laissant mes articles sur le tapis. Des dizaines de fois. Je ne comprends pas pourquoi cette étape est plus dure que d’autres. Sûrement parcque les crises fortes marquent vraiment l’inconscient. Pour moi, y’a le feu aux caisses, passage en force obligé. Je suis loin d’y aller avec le sourire. Pourtant il va me falloir l’affronter. Pas aujourd’hui, ni demain, mais très bientôt…
A très vite.

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