Agoraphobie Défis

L’ago et les courses, Acte 2

Par le 8 août 2016

Ca y est, j’en reviens! J’y suis allée. Déjà, j’entends d’ici vos applaudissements. Bon, le contrat est loin d’être rempli, comme le caddie, d’ailleurs.
Je suis partie sur un coup de tête, vers 14h15. A cette heure là, de cette chaleur, tout le monde fait la sieste. Je l’espérais, en tout cas.
Mon souffle était déjà court dans la voiture, hâte de rentrer.

Dans l’idéal, je voulais remplir mon caddie, ne plus être tributaire de Christophe pour ces satanées courses, et partir le coeur léger.

Arrivée sur place, ça n’allait déjà plus. Je me répétais que tout irait bien, mais je renouai avec les symptômes immédiatement.
Nos hôtes nous conviaient pour le soir même à déguster du Gin. Ca aurait été génial de leur offrir un petit quelque chose, de prendre le temps dans le supermarché pour regarder quoi acheter en guise de remerciement.

Quand j’ai pris le caddie, après moultes rebondissements intérieurs: “Nan j’prends pas de caddie, si j’en prends un, faut que j’affronte, nan, y’a trop de monde, je prends juste un article et je me casse…” j’ai su que mes ambitions partaient en fumée à cet instant même.

Tant pis, je ferai non plus ce que j’aurai aimé mais ce que mon coeur et corps me permettraient.
Et ça donne ça…

De lonnnnngues minutes à attendre le moment où les caisses se videraient. Mais c’était sans compter ma veine habituelle. Je voyais que les gens arrivaient plus qu’ils ne partaient, donc une phrase, une seule: “Vas-y Mumu, va vite en caisse”. L’air me manquait, malgré la clim et le frais du dedans. Je m’en fichais de ce que j’avais sur ma liste, j’ai chopé deux packs d’eau en vitesse et…des cotons tige!^^ Oui, oh, ça va, hein, c’était aussi sur ma liste, mais bon, en effet, ça aurait été mieux de privilégier la bouffe.

En fait, je n’ai même pas réussi à aller dans le fond du magasin. Dès mon arrivée au premier rayon, j’ai réfléchi sur: “Est-ce que je laisse tout et je me barre, est-ce que j’affronte cette pu—- de caisse?”
Lorsque j’ai décidé que j’allais passer en caisse, alors, mon obsession, c’était de ne pas les perdre de vue. La peur qu’il y ait plus de monde dans 5 minutes qu’à l’instant présent m’angoissait, et j’ai préféré y aller tant que c‘était “comme ça” (déjà trop de monde à attendre pour moi).

Je me suis mise derrière les 4 personnes en caisse, un peu mais pas vraiment, au cas où j’aurai envie de repartir.

Une dame s’est d’ailleurs mise devant moi avant de comprendre que si, j’étais bien dans la file (elle s’est replacée ensuite derrière)… Le corps ne répondait plus vraiment à mes encouragements, l’air ne semblait pas arriver jusqu’à moi. J’étais ralentie, flasque, éperdument seule, en alerte pour quelques personnes devant mon caddie rempli de rien. Lui, restait intact, je ne déballerai mes nombreux articles que lorsque la personne devant moi passerait devant le caissier ( ça veut dire moins d’une minute d’attente normalement si pas d’obstacle)(mode survie s’il vous plaît^^)

Peu importe ce que les gens pensaient à ce moment précis, je préférais écouter ce que je ressentais, mon coeur s’affolant moins s’il sait que je peux faire demi-tour ou rebrousser chemin. Je progressais lentement vers la lueur de la sortie. Puis, ce fut moi, enfin. A ce moment, je n’ai plus peur. J’aurai vraiment pas de cul pour qu’en plus, le caissier n’ait pas de monnaie ou autre. Deux pack d’eau bordel…

Je pense que l‘angoisse se fonde sur la peur de se faire remarquer si jamais il m’arrivait de tomber dans les pommes, de trembler. Je n’aime décidément pas ça. J’essayais de filmer mais j’ai eu peur qu’on remarque la caméra, que je doive m’expliquer et que ça me retarde encore davantage ici dans ce lieu. Je l’ai arrêtée.

Concrètement, l’attente aura duré environ 4 à 5 minutes peut-être. J’ai regardé les fleurs à côté, leur prix, en essayant de distraire mon cerveau, et reposer mon coeur.

Puis la libération. Les portes se sont ouvertes. J’étais libre de reprendre le cours normal de ma vie. 🙂

Pas très fière de moi, ce fut une expo à moitié réussie : j’ai affronté malgré tout donc tout n’est pas perdu, mais bon Dieu, j’ai tout à recommencer à zéro pour les courses. Il fut un temps où j’affrontais mieux que ça. Le drive ne m’aura pas aidé…
A faire et refaire donc, il me faudra trembler et retrembler encore et encore devant ces pourtant beaux et jeunes caissiers (si seulement c’était suffisant pour me donner envie d’y retourner plus souvent^^)

A très vite

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